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INTRODUCTION
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L
a conception la plus courante de la communication renvoie à la question :
« Qui dit quoi, à qui, par quel canal et avec quels effets ? »
1
. Cette conception
linéaire du processus communicationnel comprend l’émetteur, le message, le
récepteur, le moyen et le résultat.
On distingue l’agir communicationnel de l’agir stratégique
2
. Le premier désigne la libre
parole démocratique, autorisant une discussion publique sans influence ni contrainte.
Le second renvoie à des techniques visant l’efficacité avant tout. La communication et
le marketing électoral s’inscrivent dans ce courant. Les développements de ce chapitre
renvoient à un agir stratégique bien compris, c’est-à-dire empruntant les chemins de la
concurrence démocratique.
Le candidat fait face à une situation concurrentielle complexe et cherche avant tout
à se démarquer. Pour ce faire, certaines théories des sciences de l’information et de
la communication sont immédiatement mobilisables par l’équipe du candidat. Cette
dernière met aussi en application des procédures de vérification pour sa campagne de
communication.
Un candidat émet des messages mais d’autres sont également émis sur lui. C’est
pourquoi il anticipe ses réactions à des critiques qui risquent de survenir. Parfois, elles
aboutissent à un emballement médiatique tel qu’il se résout à recourir aux procédures
de la communication de crise.
1
H. D. Lasswell,
Structure et fonction de la communication dans la société
, Sociologie de l’information, 1973.
2
Jurgen Habermas,
Théorie de l’agir communicationnel
, Fayard, 1987.